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Fulcanelli et Jacques Coeur l'alchimiste

 
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Adama
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MessagePosté le: Mar 12 Fév - 23:42 (2008)    Sujet du message: Fulcanelli et Jacques Coeur l'alchimiste Répondre en citant

3. FULCANELLI

Fulcanelli est sans aucun doute l'alchimiste qui, au vingtième siècle, qui a le premier mis l'accent sur les liens de l'œuvre artistique de Jacques Cœur avec l'alchimie. Les deux livres dans lesquels il décrit certaines représentations de Bourges, " les demeures philosophales " et " le mystère des cathédrales ", sont consacrés à la tradition iconographique de cette pratique hermétique sous ses différents aspects. Son disciple, Eugène Canseliet, a continué cette voie et s'est également intéressé à Jacques Cœur dont il a souvent parlé dans ses livres, mais également dans la revue Atlantis.
LES DEMEURES PHILOSOPHALES, Editions Pauvert, 2001
Vol. I, page 358, Fulcanelli évoque l'appartenance de Jacques Cœur à l'Ordre de la Rose-Croix dont certains adeptes, comme les Templiers, pratiquent l'alchimie :

Citation:
" Les véritables Rose-Croix… ne craignent point d'être jamais connus, pas même de leurs confrères. Quelques-uns, pourtant, occupèrent de brillantes situations : d'Espagnet, Jacques Cœur, Jean Lallemant, Louis d'Estissac, le Comte de Saint Germain sont de ceux-là ; mais ils surent si adroitement masquer l'origine de leur fortune que nul ne sut distinguer le Rose-Croix sous les traits du gentilhomme. "




Vol. II, pages 177, 178 Illustration des trois arbres, tour du palais Jacques Cœur, Bourges. Planche XXXV. Fulcanelli le présente comme " l'engagement secret ".
Pages 216 à 218, Fulcanelli commente le panneau de pierre :


Citation:
" Le palmier et le dattier, arbres de la même famille, étaient connus des Grecs sous le nom de Phoenix, qui est notre phénix hermétique ; ils figurent les deux magistères et leur résultat, les deux pierres blanches et rouge, lesquelles n'ont qu'une seule et même nature comprise sous la dénomination cabalistique de phénix. Quant au figuier occupant le centre de la composition, il indique la substance minérale d'où les philosophes tirent les éléments de la renaissance miraculeuse du phénix, et c'est le travail entier de cette renaissance qui constitue ce que l'on est convenu d'appeler le Grand Œuvre… Ces différents éléments se rapportent parfaitement au " sujet des sages " et à la technique de " l'art bref " que Jacques Cœur paraît avoir pratiquée. "




Les paragraphes suivants évoquent clairement les figures hiéroglyphiques d'un des piliers sur croisées d'ogives de l'entrée de l'hôtel Jacques Cœur, à Montpellier (de nos jours Hôtel des Trésoriers de France, qui abrite le Musée Languedocien), ainsi que le thème du chêne souvent repris par le Grand Argentier et le fou de la scène de Tristan et Yseult, chambre du trésor, palais de Bourges :

Citation:
" En effet, lorsque l'artiste, témoin du combat que se livrent le rémora et la salamandre, dérobe au monstre igné, vaincu, ses deux yeux, il doit ensuite s'appliquer à les réunir en un seul. Cette opération mystérieuse, facile toutefois pour qui sait utiliser le cadavre de la salamandre, fournit une petite masse assez semblable au gland du chêne… Cela nous fournit l'explication du gland et du chêne, que l'on rencontre presque toujours dans l'iconographie hermétique ; du cœur, des figues, du figuier de Jacques Cœur ; du grelot, accessoire des marottes de fous, des grenades, poires et pommes… "Un passage retient l'attention et donne un sens à un détail du balcon de la loge aux musiciens, représentation d'un aigle passé inaperçu du visiteur pressé :

" L'œuf du phénix qui est notre œuf philosophique. C'est lui qui reproduit l'aigle fabuleux d'Hermès, au plumage teint de toutes les couleurs de l'œuvre, mais parmi lesquelles domine le rouge. "






LE MYSTERE DES CATHEDRALES
Dans cet ouvrage, à partir de la page 175, Fulcanelli reprend certains éléments des deux monuments les plus intéressants de Bourges au point de vue iconographie alchimique : le palais Jacques Cœur et l'Hôtel Lallemant.

Citation:
" Bourges, vieille cité berrichonne, silencieuse, recueillie, calme et grise comme un cloître monastique, déjà fière à juste titre d'une admirable cathédrale, offre encore aux amateurs du passé d'autres édifices également remarquables. Parmi ceux-ci, le palais Jacques Cœur et l'Hôtel Lallemant sont les plus purs joyaux de sa merveilleuse couronne. Du premier, qui fut jadis un véritable musée d'emblèmes hermétiques, nous dirons peu de choses… "




Tout au long des pages 178 à 182, Fulcanelli développe certains éléments du palais Cœur. Nous ne reprendrons que quelques courtes citations, nous étant inspirés dans nos deux livres de ce travail, comme de celui d'Eugène Canseliet. Bien que certains passages soient cités dans ( LIEN) LE LIVRE DE PIERRE DE JACQUES CŒUR, nous ne pouvons qu'inciter le lecteur intéressé à partir lire à la source.
Page 178 :

Citation:
" Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII, qui fit construire la demeure au quinzième siècle, eut la réputation d'un adepte éprouvé. David de Planis-Campy (médecin de Louis XIII) le cite en effet comme possédant " le don précieux de la pierre au blanc ", en d'autres termes de la transmutation des métaux vils en argent. D'où peut-être sa qualité d'argentier. Quoi qu'il en soit, nous devons reconnaître que Jacques Cœur mit tout en œuvre pour accréditer, par une profusion de symboles choisis, sa qualité vraie ou supposée de philosophe par le feu. "




Plus loin, évoquant le blason et la devise du Grand Argentier, il ajoute :

Citation:
" Notre conviction est donc que Jacques Cœur a pratiqué lui-même l'alchimie, ou du moins qu'il a vu élaborer sous ses yeux la " pierre au blanc " par le fer " essencifié " et trois fois cuit. "




Il est certain que l'argent a été le fil directeur de la vie de Jacques Cœur, depuis ses premiers pas de monnayeur, dès la première date connue, 1427, jusqu'à sa condamnation en 1453. L'un des griefs majeurs du procès était d'avoir illégalement exporté de l'argent du royaume français et d'être aller le fondre à Rhodes. Il s'en est défendu en disant que pour un marc d'argent exporté il avait fait entrer un marc d'or. Les historiens ont évalué à 120 kilos environ la charge d'argent qui sortait à chaque voyage de galée. On peut aisément imaginer les bénéfices dégagés par un échange poids pour poids argent contre or. Dans cette ligne, il apparaît évident que la possibilité qu'offrait le port de Marseille d'exporter de l'argent facilement ait pesé lourd dans la décision de Jacques Cœur et Jean de Village de déplacer leurs affaires de Montpellier à Marseille. L'intérêt que Jacques Cœur portait à la mine de plomb argentifère de Pampailly, aux mesures exceptionnelles qui s'y pratiquaient et aux avantages étonnants des ouvriers, s'expliquerait-il par sa connaissance de l'œuvre au blanc qui aurait pu lui permettre tout simplement d'augmenter les rendements ? N'est-il pas étrange que Jacques Cœur ait tant fait pour cette mine et ses ouvriers alors que le Procureur Dauvet, l'ayant jugée déficitaire, la fit fermer ? Certaines particularités de cette mine surprennent encore aujourd'hui les géologues. Nous attendons les commentaires de l'un d'entre eux qui nous a dit un jour : " la mine de Pampailly est la mine d'Europe où on a fait le plus de recherches. Elles ne sont pas terminées."
A suivre donc...


LE COEUR (Page 178) :

Citation:
" Chacun connaît le blason et la devise de ce haut personnage ; trois cœurs formant le centre de cette légende, présentée comme un rébus, A vaillans cuers riens impossible. Fière maxime, débordante d'énergie, qui prend, si nous l'étudions selon les règles cabalistiques, une signification assez singulière. En effet, lisons CUER avec l'orthographe de l'époque, et nous obtiendrons à la fois : 1° l'énoncé de l'Esprit Universel (rayon de lumière) ; 2° le nom vulgaire de la matière basique ouvrée (le fer) ; 3° les trois réitérations indispensables à la perfection totale des deux Magistères (les trois cuers). Notre conviction est donc que Jacques Cœur a pratiqué lui-même l'alchimie, ou du moins qu'il a vu élaborer sous ses yeux la " pierre au blanc " par le fer " essencifié " et trois fois cuit. "

Bourges, Palais Coeur, Salle d'apparat, Loge aux musiciens.




LA COQUILLE (Page 178) :

Citation:
" Parmi les hiéroglyphes favoris de notre argentier, la coquille Saint Jacques tient, avec le cœur, une place prépondérante. Les deux images en sont toujours accouplées ou disposées symétriquement, ainsi qu'on peut le voir sur les motifs centraux des cercles quadrilobés du fenestrage, des balustrades, des panneaux et du marteau de porte, etc. Sans doute y a-t-il, dans cette dualité de la coquille et du cœur, un rébus imposé sur le nom du propriétaire, ou sa signature stéganographique. Cependant, les coquilles du genre peigne (pecten jacoboeus des naturalistes) ont toujours servi d'insigne aux pèlerins de Saint Jacques… La Mérelle de Compostelle… sert, dans la symbolique secrète, à désigner le principe Mercure1, appelé encore voyageur ou pèlerin. Elle est portée mystiquement par tous ceux qui entreprennent le travail et cherchent à obtenir l'étoile (compos stella)... Rien de surprenant, dès lors, que Jacques Cœur ait fait reproduire, à l'entrée de son palais, l'icon peregrini si populaire chezles souffleurs (alchimistes) du Moyen Age… Note 1 : le Mercure est l'eau benoîte des Philosophes. Les grandes coquilles servaient autrefois à contenir l'eau bénite ; on les rencontre encore fréquemment dans beaucoup d'églises rurales."






TRISTAN ET YSEULT (Page 180) :

Citation:
" Venons donc à la pièce la plus curieuse et la plus originale du Palais. C'est un joli groupe, sculpté sur un cul-de-lampe, qui orne la chambre dite du Trésor. On assure qu'il représente la rencontre de Tristan et d'Yseult. Nous n'y contredirons pas, le suet ne changeant rien, d'ailleurs, à l'expression symbolique qu'il dégage. Le beau poème médiéval fait partie du cycle des romans de la Table Ronde, légendes hermétiques traditionnelles renouvelées des fables grecques. Il se rapporte directement à la transmission des connaissances scientifiques anciennes, sous le voile d'ingénieuses fictions popularisées par le génie de nos trouvères picards.Au centre du motif, un coffret creux et cubique fait saillie au pied d'un arbre touffu dont le feuillage dissimule la tête couronnée du Roi Marc. De chaque côté apparaissent Tristan et Yseult, celui-là coiffé du chaperon à bourrelet, celle-ci d'une couronne qu'elle assujettit de la main droite. Nos personnages sont figurés dans la forêt de Morois, sur un tapis de hautes herbes et de fleurs, et fixent tous deux leur regard sur la mystérieuse pierre évidée qui les sépare. Le mythe de Tristan de Léonois est une réplique de celui de Thésée… Nous retrouvons ici l'hiéroglyphe de fabrication du Lion vert, d'où le nom de Léonois ou Léonnais porté par Tristan… Combat singulier des corps chimiques dont la combinaison procure le dissolvant secret et le vase du composé…






LE ROI (Page 181 ):

Citation:
" Ce dissolvant peu commun permet la réincrudation de l'or naturel, son amollissement et le retour à son premier état sous la forme saline, friable et très fusible. C'est là ce rajeunissement du roi que signalent tous les auteurs, début d'une phase évolutive nouvelle, personnifiée, dans le motif qui nous occupe, par Tristan, neveu du Roi Marc. En fait, l'oncle et le neveu ne sont, chimiquement parlant, qu'une même chose, de même genre et d'origine semblable. L'or perd sa couronne en perdant sa couleur, durant un certain laps de temps et s'en voit dépourvu jusqu'à ce qu'il soit parvenu au degré de supériorité où l'art et la nature peuvent le porter…Remarquons encore que la reine est à la fois l'épouse du vieillard et du jeune héros, afin de maintenir la tradition hermétique qui fait du roi, de la reine et de l'amant la triade minérale du Grand Œuvre. "






A propos de la rose et de la roue qui évoque SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE, chère à jacques Cœur, il écrit, page :

Citation:
" Au Moyen Age, la rose centrale des porches se nommait Rota, la roue. Or, la roue est l'hiéroglyphe alchimique du temps nécessaire à la coction de la matière philosophale et, par suite, de la coction elle-même. Le feu soutenu, constant et égal que l'artiste entretient nuit et jour au cours de cette opération est appelé, pour cette raison, feu de roue. "


Source : http://jacques-coeur.bourges.net/alchimiejoelle3.html

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MessagePosté le: Mar 12 Fév - 23:42 (2008)    Sujet du message: Publicité

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