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ATALANTA FUGIENS EMBLEMATA NOVA DE SECRETIS NATURAE CHYMICA

 
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Adama
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MessagePosté le: Jeu 24 Jan - 21:50 (2008)    Sujet du message: ATALANTA FUGIENS EMBLEMATA NOVA DE SECRETIS NATURAE CHYMICA Répondre en citant


frontispice de l'Atalanta fugiens [cliquez sur l'image pour l'agrandir]
EPIGRAMME DE L’AUTEUR
L’audacieux jeune homme1 emporta le trésor
Du jardin d’Hespéros2 quand des mains de Cypris3
II eut reçu le triple fruit4.
La vierge fuit ; il suit et lance sur le sol
La pomme qui l’attire et ralentit sa course.
Vite il bondit ; mais elle, vite, le devance,
Plus prompte que l’Eurus5. Il sème devant elle
De nouveaux présents d’or. La vierge un court instant
S’attarde, mais bientôt elle fuit de plus belle,
Jusqu’à ce que, l’amant renouvelant les poids6,
Noble prix, Atalante à son vainqueur se rende.
Hippomène est la force du soufre7 ; la vierge,
Mercure fugitif ; le mâle vainc la femme.
Lorsque, saisis d’amour, ils s’étreignent tous deux,
Au temple de Cybèle8, irritant la déesse,
Elle se venge en les vêtant de peaux de lions
Qui font rougir leurs corps et les rendent sauvages9.
Pour exprimer au mieux ce que fut cette course
Ma muse t’offre ici les trois voix de la fugue.
L’une est simple et durable ; elle est fruit qui retarde ;
Mais la seconde fuit, que poursuit la troisième10.
Des oreilles, des yeux accueille ces emblèmes,
Puis guide ta raison vers leurs signes secrets.
J’ai mis devant tes yeux l’appât de ces images :
L’esprit doit y trouver les choses précieuses.
Les biens de l’univers, les remèdes qui sauvent
Te seront tous donnés par ce double lion11.

portrait de Michel Maier
----------
AU TRES EMINENT, TRES ILLUSTRE ET TRES EXCELLENT
ORDRE SENATORIAL DE
MULHAUSEN
EN THURINGE IMPÉRIALE
Hommes très remarquables par la vertu, la science et la vraie noblesse de l’âme,
Et à son. syndic très vigilant,
CHRISTOPHE
reinart, Docteur en droit, etc.
A tous et à chacun de ses seigneurs à qui sont dus respect et honneur,
Michel Maier, Médecin impérial. Comte conseiller, chevalier du Palais de César, consacre, dédie et offre très respectueusement, quelle qu’en soit la valeur, ce témoignage de sa bienveillance et de sa gratitude.
HOMMES très éminents et très sages, on rapporte de ce fameux trépied offert par Vulcain à Pélops12 lorsqu’il prit pour femme Hippodamie13, fille du roi d’Elide Oenomaos14, qu’en raison de la perfection de son art, Pélops l’offrit ensuite, à Delphes, à Apollon Pythien15, afin qu’une vierge rendît, grâce à lui, des oracles sous l’inspiration du Dieu. Ainsi, le présent trépied élaboré par Vulcain ayant été mis à ma disposition, j’ai décidé, mû par l’exemple de Pélops, de le consacrer et de l’offrir à une place et à un ordre qui en soient très dignes et avant tous les autres, certes, à vos Eminences et à vos Excellences, non, à la vérité, pour qu’il rende des oracles (encore que ceux-ci n’y fassent pas défaut, mais ce sont des oracles chymiques), mais afin de témoigner publiquement d’une manière quelconque l’empressement de mon cœur et les bonnes dispositions de ma volonté envers Vous qui il y a quelques années avez bien voulu, à mon passage parmi vous, à une époque où, je faisais partie des médecins conseillers de Sa Majesté Impériale Rodolphe II de divine mémoire, déclarer à son ministre quels étaient vos sentiments à l’égard de votre seigneur, sentiments les plus nobles et les plus dignes de votre condition. Depuis ce temps j’ai vanté vos vertus auprès des étrangers autant qu’il a été en mon pouvoir, mais je me suis en outre réellement efforcé d’ouvrir davantage ma pensée et de la prodiguer d’une façon plus abondante à vos Excellences. Ayant senti que je ne pouvais le faire autrement que par un modeste présent littéraire, et ayant consacré quelque soin à cette Atalante Fugitive, j’ai voulu la dédier entièrement, quelle qu’en soit la valeur, à vos Eminences et à vos Excellences, imitant en cela les écrivains de notre époque et de l’antiquité qui n’ont jamais voulu se produire en public ou aller sur les lèvres des hommes sans un appui, un guide ou un compagnon. Si en effet ils étaient venus à tomber, qui les aurait secourus ? Je vous prie de m’autoriser à vous appeler les patrons de ce petit ouvrage, non qu’autant que je sache, vous ayez appliqué la main ou l’esprit a cette étude, difficile en vérité (car de très importantes affaires ne vous en ont pas laissé le loisir), mais parce que vous me paraissiez tout à fait capables de protéger quelque partie de la science et qu’aucune matière ne m’a paru plus digne et plus honorable (sauf abus), eu égard à l’époque. Quoi qu’il en soit, vous manifesterez (je le sais) votre estime pour mes efforts, en considérant non la pauvreté du volume, mais la candeur de mon âme, et vous me tiendrez et compterez à l’avenir au nombre des plus respectueux serviteurs de vos Excellences. Adieu.
Donné à Francfort-sur-le-Main en l’an 1617, au mois d’août.
PREFACE AU LECTEUR.
L‘HOMME, candide lecteur, est, de l’avis de tous, un abrégé de l’univers par la manière dont il est composé16, et il est destiné à vivre trois genres de vies, à savoir, la vie végétative dans le sein maternel où il croît et augmente à la manière d’une plante ; la vie sensible, qu’il mène dans ce monde où il est conduit surtout par ses sens, comme les autres animaux dont il diffère en ce qu’il commence à se servir de son intelligence, bien que d’une façon imparfaite ; et enfin la vie intelligible, dans l’autre monde, auprès de Dieu et des intelligences qui l’assistent ou bons Anges17. Dans la vie présente, plus quelqu’un approche de la nature divine, plus il trouve de joie et de plaisir dans les choses qui doivent être explorées à l’aide de l’intelligence, réalités subtiles, merveilleuses et rares. Au contraire, plus quelqu’un penche vers la catégorie des bêtes sans raison, et moins il est attiré par ces réalités, et plus il est assujetti à une manière de sentir corporelle. Nous pouvons voir des exemples de ces deux sortes d’existences : quelques-uns, les plus savants, formés par les arts et les sciences, s’adonnent au premier genre de vie ; la plupart se livrent au second, c’est-à-dire aux plaisirs du corps, à la débauche, à la gourmandise, à la magnificence extérieure et aux choses analogues.
Pour développer l’intelligence, Dieu a caché dans la nature une infinité de secrets (arcanà) que l’on extrait, comme le feu du silex, et que l’on met en pratique, grâce à toutes sortes de sciences et d’arts. Parmi eux, les secrets chymiques ne sont pas les derniers mais bien les premiers et les plus précieux de tous, après la recherche des choses divines. Ils doivent être poursuivis, non par les charlatans de foires et les faux chimistes qui font illusion (ils sont comme des ânes devant une lyre, aussi éloignés que possible de toute science et de tout dessein excellent) mais par des esprits élevés, qui ont reçu une éducation libérale et sont nés pour explorer les réalités les plus hautes ; ce sont là en effet des choses très subtiles, augustes, sacrées, rares et obscures, qui, pour cette raison, doivent être saisies par l’intelligence avant de l’être par les sens, grâce à une contemplation profonde qui s’opère par la lecture des auteurs et leur comparaison entre eux et avec les œuvres de la nature, plutôt qu’au moyen d’une opération sensible ou une expérience manuelle, qui est aveugle si la Théorie ne la précède18.
A la suite des sciences intellectuelles et tout près d’elles sont placées celles qui traitent d’un objet visible ou audible ; ainsi l’optique ou perspective, et la peinture que certains poètes appellent muette, de même que la poésie est pour eux une peinture parlante; nommons encore la musique vocale ou instrumentale. Les anciens philosophes s’exercèrent dans ce dernier art au point que celui qui avait refusé la lyre dans les festins était déclaré ignorant et contraint de chanter en tenant une branche de myrte, comme on le lit à propos de Thémistocle.
Socrate était versé dans la musique, et Platon lui-même, qui déclare composé de façon inharmonieuse celui qui ne goûte pas l’harmonie musicale19. Pythagore s’illustra également dans cet art, lui qui, dit-on, utilisait le moyen d’un concert de musique le matin et le soir pour bien disposer les esprits de ses disciples. La musique possède en effet ce pouvoir particulier d’exciter ou d’adoucir les sentiments, selon les différents modes musicaux. Ainsi le mode phrygien20, était appelé par les Grecs belliqueux parce qu’on l’utilisait à la guerre et en allant au combat, et qu’il était doté d’une vertu singulière pour exciter le courage des soldats. A sa place on se sert maintenant du mode ionien qui était autrefois tenu pour propre à éveiller l’amour (comme l’est aujourd’hui le mode phrygien, ce qui nous fait supposer qu’ils ont été intervertis)21. On dit que Timothée de Milet se servit du mode phrygien pour rendre Alexandre le Grand plus prompt et plus hardi aux choses de la guerre, ce que Cicéron mentionne au second livre des Lois. Le Lesbien Terpandre usait du mode ionien. Mandé par les Lacédémoniens que des troubles et des séditions opposaient entre eux, il apaisa leurs esprits par la douceur de son chant au point qu’ils revinrent à des sentiments d’amitié et cessèrent toute sédition. Depuis ce temps les chanteurs lesbiens méritèrent toujours le premier prix au jugement des Spartiates. Fabius dit de la musique :
« La musique est un divertissement agréable et très honorable, très digne d’esprits libéraux ».22
C’est pourquoi, afin de posséder en quelque sorte d’un seul coup d’œil et d’embrasser à la fois ces trois objets des sens les plus spirituels : la vue, l’ouïe et l’intelligence elle-même, et pour faire pénétrer en une seule et même fois dans les esprits ce qui doit être compris, voici que nous avons uni l’Optique à la Musique, et les sens à l’intelligence, c’est-à-dire les choses précieuses à voir et à entendre, avec les emblèmes chymiques qui sont propres à cette science. Lorsque les autres arts présentent des emblèmes concernant les mœurs ou toutes choses autres que les secrets de la nature, cette méthode paraît étrangère à leur but et à leur fin, puisqu’ils veulent et doivent être compris de tous. Il n’en va pas de même de la Chymie qui doit être vue, telle une chaste vierge, au travers d’un treillage, et, comme Diane, non sans un vêtement de couleurs variées, pour des raisons qui ont été exposées ailleurs23. Reçois donc en une seule et même fois, dans un seul livre, ces quatre sortes de choses : compositions fictives, poétiques et allégoriques ; œuvres emblématiques, gravées dans Vénus ou le cuivre, non sans Vénus ou la grâce ; réalités chymiques très secrètes à explorer par l’intelligence ; enfin compositions musicales des plus rares, et applique à ton usage ces choses qui te sont dédiées. Si cet usage est plus intellectuel que sensuel, il te sera un jour d’autant plus profitable et plus agréable. Mais si l’utilisation en est d’abord revendiquée par les sens, il n’est pas douteux que le passage se fasse du sens à l’intelligence, comme par une porte. On dit en effet qu’il n’y a rien dans l’intelligence qui ne soit entré par un sens quelconque, l’intelligence de l’homme qui vient de naître étant tenue pour une sorte de table rase sur laquelle il n’y aurait encore rien d’écrit, mais où l’on pourrait écrire toutes choses au moyen des sens, comme avec un stylet24. Et l’on dit communément : « On ne désire pas ce qu’on ignore », parce qu’il faut que les sens, agissant en qualité d’investigateurs et de messagers, apportent et fassent connaître en premier lieu tout ce qui peut être su à l’intelligence, comme au premier magistrat et à l’arbitre, à la manière de gardiens qui veillent à la porte (leurs organes) de quelque cité.
J’ajouterai quelques mots pour expliquer le titre de ces emblèmes, afin qu’il ne te semble pas étrange et peu adapté. Atalante a été célébrée par les poètes pour la fuite qui lui permettait de précéder tous ses prétendants à la course. Ainsi, à la place de la vierge, récompense promise de la victoire, les vaincus trouvaient la mort, jusqu’au jour ou Hippomène, jeune homme des plus audacieux et prévoyant, la vainquit et l’obtint en jetant dans sa course trois pommes d’or l’une après l’autre. Pendant qu’elle les ramassait, elle fut dépassée par lui, alors qu’elle allait atteindre le but. De même que cette Atalante fuit, une voix musicale fuit toujours devant l’autre, et cette autre la poursuit, comme Hippomène. Cependant elles sont stabilisées et consolidées dans la troisième qui est simple et d’une seule valeur, comme par une pomme d’or25. Cette même vierge est purement chymique ; elle est le mercure philosophique fixé et retenu dans sa fuite par le soufre d’or. Si quelqu’un sait l’arrêter, il possédera l’épouse qu’il recherche, sinon, il trouvera la perte de ses biens et la mort. Hippomène et Atalante s’unissant d’amour dans le temple de la Mère des Dieux, qui est le vase, deviennent des lions, c’est-à-dire qu’ils acquièrent la couleur rouge. Cette vierge remporta encore la victoire devant des hommes lorsqu’elle tua un certain sanglier d’une grandeur prodigieuse et qu’elle reçut pour cela une récompense des mains de Méléagre26. Auprès du temple d’Esculape à Stéthée, elle frappa un rocher et en fit jaillir de l’eau dont elle but, dans sa soif27. Comme toutes ces choses sont en réalité allégoriques et emblématiques et nullement historiques, j’ai voulu consacrer ce traité emblématique en commémoration intellectuelle de cette héroïne, étant donné, en particulier, que les pommes jetées vers elle provenaient des jardins d’Hespérie et avaient été remises à Hippomène par Vénus, déesse de la suavité.
Dans ces petits morceaux ou fugues, vous verrez que l’on a veillé à ce que chaque distique adapté à ces trois voix puisse être chanté d’une façon aisée. Tant de variétés de fugues y ayant été accommodées à une simple voix, tout homme doué de jugement et comprenant cette représentation emblématique l’approuvera, de la même manière que son adaptation à chaque voix, et la tiendra en une certaine estime. Si en effet des marchands apprécient et achètent pour une grande somme d’argent quelque peinture d’artiste où seuls les yeux sont trompés, parce qu’ils la jugent proche de la nature, comment des hommes de lettres n’accorderaient-ils pas du prix et une grande valeur à ces figures mises au service de l’intelligence et de plusieurs sens, de telle sorte qu’un grand profit peut en être espéré, en plus de l’agrément ? Adieu28.



Notes
1. Il ne s'agit pas d'Hercule dont les exploits sont relatés dans la section Fontenay. Maier veut parler d'Hippoménès, fils de Mégarée et petit-fils de Poséidon. Voici ce qu'en dit Pernety dans son Dictionnaire :
Citation:
Hippomene. Fils de Macarée, se mit sur les rangs pour épouser Atalante. Il la vainquit à la course par le moyen de trois pommes d’or qu’il jeta successivement derrière lui, et qu’Atalante s’amusa à ramasser. Voyez les Fables dévoilées, liv. 2, chap. 3.

FIGURE I
(Atalante et Hippoménès)


Hippoménès implora l'aide d'Aphrodite pour tâcher de battre à la course Atalante. La déesse donna à l'amoureux trois pommes d'or, sans doute cueillies dans le jardin des Hespérides [[color=#000099]après qu'Hercule ait vaincu le dragon qui en gardait l'entrée ?[/color]], et lui conseilla de les semer une à une dans la carrière où devait se dérouler la course. Intriguée par ces pommes, Atalante s'arrêta par trois fois pour les ramasser et ne put l'emporter sur Hippoménès qu'elle épousa [[color=#000099]sources : Apollodore, Bibliothèque : I,8,2; III,9,2 - Ovide, Métamorphoses :VIII,316; X,560 - Pausanias, Périégèse :III,24,2; V,19,2VIII,35,10; VIII,45,2[/color]]
Il est important de noter le symbolisme propre au nombre 3. Il s'agit du nombre des principes de l'oeuvre [[color=#000099]Esprit, Âme et Soufre[/color]]. On voit que l'intérêt d'Hippoménè est de fixer l'attention d'Atalante. Par là, on voit qu'Atalante fugitive est le pricnipe volatil de l'oeuvre ; que les pommes d'or forment le Soufre ou teinture métallique et qu'Hippoménè est le moyen ou artifice par lequel le Mercure peut être fixé.
2. le Jardin des Hespérides [[color=#000099]cf. Matière[/color]], gardé par le dragon Ladon [Ladwn].
3. Cypris, nom de Vénus, honorée dans l'île de Chypre. C'est aussi une allusion déguisée au vitriol bleu, minerai de sulfate de cuivre. C'est donc une relation indirexte à Arès, par l'acide vitriolique contenu dans le cuivre chyprien. Nous avons là un exemple de l'ambiguité classique des textes hermétiques [[color=#000099]cf. Atalanta L[/color]]. KupriV = Kypris ou Aphrodite. Le relations à la vigne et à l'olivier sont aussi une désignation indirecte de Vénus - Aphrodite. Les Grecs croyaient qu'Aphrodite était née de l'écume des flots et un caisson de l'Hôtel Lallemant montre une mérelle [[color=#000099]coquille[/color]]

FIGURE II
(caisson de l'Hôtel Lallemant - Bourges - cliché Alain Mauranne)

qui aurait pu être le vaisseau dans lequel apparaît d'habitude Aphrodite : dans ce caisson, on observe un scorpion, signe là encore de l'ambiguité qui peut exister entre l'amour et la mort...En proche assonance, on trouve ajronitron qui désigne de l'écume ou de la fleur de nitre, de salpêtre, sel qui est nommé toujours sous les dehors de Vénus - Aphrodite dans les textes. Les alchimistes disent qu'il s'agit du fou de l'oeuvre [[color=#000099]relation avec [/color]ajrontistew]. On trouve aussi ajroV qui est de l'écume et ajroselhnoV qui est de la séélnite, c'est-à-dire du gypse ou pierre spéculaire. On signale encore une sorte de laitue [[color=#000099]qui se rattache à l'euphorbe[/color]], ajrojuks, de nature écumeuse [[color=#000099]cf. Atalanta, XLI[/color]].
4. il s'agit des trois pommes d'or.
5. un des quatre vents cardinaux, avec Zéphyrus, Aquilo et Auster. On trouve cet article dans le Dictionnaire de Pernety :
Citation:
VENT DOUBLE. Basile Valentin (sixième Clef) l'appelle Vulturnus, ou du Sud-sud-est, et dit qu'on a d'abord besoin de ce double vent, et puis d'un vent simple qui se nomme Eurus ou Vent d'Orient, qu'il nomme aussi du Midi. Après qu'ils auront soufflé, l'air se convertira en eau. Tout cela indique la volatilisation de la matière qui monte en vapeurs au haut du vase, où elles se condensent, et retombent en pluie. Ce qui l'a fait appeler Vent du Midi, c'est parce que le vent qui souffle de ce côté-là nous donne presque toujours la pluie.

l'Eurus est le vent qui brûle [[b]Atalanta, XXXII[/b]]. On le désigne aussi en tant que fils d'Eos [EwV, aurore, point du jour « aux doigts rosés »]. Sur les vents, voyez aussi Atalanta XV, XXVII.
6. C'est-à-dire les paliers. A chaque fois qu'Atalante s'arrête pour ramasser les pommes d'or, elle se « fixe » davantage. C'est une allusion au poids de l'Art comparé au poids de Nature. Le premier est connu de l'Artiste : il s'agit des quantités de matière qu'il met dans son creuset. Le second poids est celui de la proportion d'éléments qui s'associent les uns aux autres : ce poids, nois dit Fulcanelli, n'est connu que de Dieu.
7. Hippoménès ne constitue pas le Soufre à proprement parler, mais le moyen ou artifice qui permet d'obtenir et la réincrudation du Soufre et la fixation progressive de l'eau mercurielle. Il faut d'ailleurs noter que ces deux processus ne sont qu'une seule et même opération. D'où la devise des alchimistes qui dit tout [pour l'Adepte] et rien [pour le néophyte] : « Solve et Coagula ».
8. Cybèle, la grande déesse d'Asie Mineure, symbolise l'athanor qui contient le vase de nature. Voyez en recherche.
9. parabole sur la dissolution des matières ; l'allégorie met d'abord en scène le lion vert, puis à un stade ultérieur de l'oeuvre, le lion rouge. Dans le cas présent, le Lion vert est représenté par Ataalnte et le Lion rouge, par Hippoménès.
10. Il s'agit de cinquante fugues à trois voies qui ornent l'épigramme de chacun des cinquante emblèmes. Certaines de ces fugues ont été notées sur partitions au format midi [site levity].
11. Un seul traité donne l'image de ce double Lion. Il s'agit de l'emblème XV de la Philosophia Reformata de Mylius. Sur le lion, voyez l'article de Pernety, dans son Dictionnaire, que nous reproduisons dans le traité de Mylius. Le Lion vert doit être trouvé en Orient [Lucifer] et l'Aigle [la femme] doit être trouvé au Midi.
---------------
12. sur Pélops, cf. Atalanta, XLIV. Dans ses Fables, t. I, Pernety parle de Pélops en le désignant comme la matière au noir.
13. sur Hippodamie, cet article de Pernety :
Citation:
Hippodamie. Fille d’Enomaus, épousa Pélops, après que celui-ci eut, par stratagème, vaincu Oenomaus à la course du char. C’était la condition que ce Roi d’Élide imposait à ceux qui demandaient sa fille en mariage. V. OENOMAUS

14. sur Oenomaus :
Citation:
Œnomaus. Père d'Hippodamie, ayant appris de l'oracle que son gendre le ferait périr; pour éviter ce danger et se défaire de tous ceux qui courtisaient sa fille, il leur déclara qu'il ne la donnerait qu'à celui qui le vaincrait à la course du char. L'amant devait passer devant, et Œnomaus le poursuivait la lance à la main pour le tuer, s'il ne remportait pas la victoire suivant les conventions. Œnomaus en avait déjà fait périr plusieurs, lorsque Pélops, qui n'en fut point intimidé, se présenta pour entrer en lice. Mais il usa de supercherie; il gagna Myrtile, cocher d'Œnomaus, et l'engagea à faire briser le char de ce Prince, qui périt dans la chute; et Pélops obtint Hippodamie. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 6, Fatalité 4.

Il s'agit d'une autre version de la fable d'Atalante et d'Hippoménès.
15. Ce trépied est cité dans l'Atalanta XLVI et nous en donnons la reconstitution, figure V.
-----------------
16. l'homme comme abrégé de l'univers. Il existe au moins deux gravures qui mettent en évidence, par les quatre eléments ou par les signes du zodiaque, la part du divin dans l'homme. En voici une :
 



FIGURE III
(l'homme zodiacal : mandorle montrant un écorché spirituel du corps humain)

17. Michel Maier, par analogie, donne les trois états de la matière dans le magistère. Le sein maternel est le Mercure dans lequel croît l'embryon hermétique, une fois que la conjonction radicale a eut lieu. La conjonction se réalise dans le signe de la Balance et la gestation, dans celui de la Vierge. L'opération nécessaire de la dissolution s'est opérée auparavant, depuis le signe du Lion jusqu'à celui des Gémeaux. Voyez là-dessus l'Atalanta, XLV et aussi : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. La vie sensible et l'intelligence sont le signe de la fin de cette période de gestation dans le Mercure et annoncent la réincrudation du Soufre, que les alchimistes ont voilé par la parabole de la chute de l'Âme dans le Corps.
18. On s'est efforcé, dans ces pages, de respecter en tout point ces réflexions de Maier, qui rejoignent absolument celles de Fulcanelli, en passant par Bernard de Trévise, Philalèthe et Basile Valentin. Nul ésotérisme de mauvaix aloi n'est perceptible dans les cinquante emblèmes de l'Atalanta fugiens et en son temps, comme Fulcanelli au début du XXe siècle, Michel Maier fait passer l'alchimie au rang de science positive. Nous avons fait voir que deux courants pouvaient être dégagés de l'alchimie : l'un, positif, résultant du travail des pierres communes que certains Artistes ont réussi à « transmuter » - ce mot est impropre - en pierres précieuses [toute cette partie est indissociable du travail de la poterie, de la céramique, de la faïence et de la porcelaine]. De même, l'alchimie positive n'est pas envisageable si l'on n'y associe pas l'art de la verrerie [cf. Loysel et Bosc d'Antic]. L'autre courant de l'alchimie est entièrement chimérique : c'est celui qui considère comme possible la transmutation d'un métal, qualifié de « vil » en métal noble comme l'argent et, surtout, l'or. Là encore, nous avons montré qu'un métal inconnu, qui a été peut-être découvert par hasard par un potier, du temps de Tibère, possédait des propriétés qui le rendaient intermédiaires, dans l'ordre de la perfection, entre l'or et l'argent. C'est à Henri Sainte Claire Deville que l'on doit d'avoir inventé un procédé de dépuration économique de ce métal : l'aluminium.
19. De façon générale, il est rare de rencontrer un individu, qui, d'une façon ou d'une autre, soit absolument insensible à ce que l'on appelle vulgairement un « air » de musique. Le trait d'une grande dureté d'esprit semble commun à ces gens là. Cela étant dit, d'ailleurs pour mémoire et sans aucune connotation péjorative.
20. mode phrygien : allusion à Cybèle et au Pont-Euxin. Les alchimistes ont noté, généralement, l'importance de la musique dans leur Art et certains, comme E. Canseleit, sont allés jusqu'à dire que l'alchimie était l'art de la musique. Sans aller jusque-là, on ne peut nier certaines analogies : les Anciens connaissaient sept métaux et sept planètes. De même, il y a sept notes de musique. La gamme majeure est constituée de 7 notes. On la découpe donc en 7 positions, que l'on appelle les 7 modes grecs, chacun possédant un nom particulier : lydien, myxolidien, aéolien, etc. La gamme majeure la plus simple est celle de DO : elle est dépourvue de toute altération (dièses ou bémols) : DO-RE-MI-FA-SOL-LA-SI. On se base sur cette gamme pour définir les intervalles entre les 7 modes, et les intervalles entre chacune des notes successives de chaque mode. Ainsi, si on décale chaque note de la gamme de DO majeur de +1 ton, on passe très simplement en gamme de RE majeur, etc.
Ainsi, le mode ionien forme la fameuse gamme majeure do ré mi fa sol la si do. Elle s'appelle en fait DO IONIEN [ion = violette. Voir ce mot en recherche.. Le 2ème mode s'appelle la gamme de RE DORIEN. Il s'agit des mêmes notes mais la tonalité est en ré mineur. Le 3ème mode s'appelle la gamme de MI PHRYGIEN ; il est très apprécié par son côté sombre et sinistre. Le 4ème mode est la gamme de FA LYDIEN ; c'est une gamme majeure. Le 5ème mode est la gamme de SOL MYXOLYDIEN. Le 6ème mode est la gamme du LA AEOLIEN, très usitée dans les style de musique, cette gamme est mineure. Le 7ème et dernier mode est très peu utilisé : il s'agit du SI LOCRIEN.
21. on peut se risquer à un trait de cabale : le mot ionien rappelle le vocable grec ion qui signifie violet. C'est la couleur azurée au sommet des montagnes, là où s'opère la conjonction des matières. Or, la dissolution est l'opération par laquelle cette conjonction peut se produire. C'est la raison pour laquelle Maier insiste sur le changement entre le mode ionien et le mode phrygien.
22. le symbolisme d'Orphée, qui joue de sa lyre, est constant dans les textes. Il apaise les animaux sauvages et invite aux jeux de l'amour. Il s'agit là d'une parabole sur la conjonction des natures métalliques qui ne peut intervenir sans le tiers-agent que les alchimistes appellent Mercure.
23. Le vêtement de couleurs variées est une allégorie sur les couleurs de l'oeuvre. D'habitude, les emblèmes montrent des cuirasses ou des vêtures de couleurs différentes qui évoquent les trois teintes cardinales de l'oeuvre : le noir, le blanc et le rouge. Des textes importants, dont le Filet d'Ariadne insistnt sur la couleur jaune-orangé qui est celle d'Eos aux doigts rosés.
24. Le Mercure ne saurait en effet suffire à l'Artiste, s'il ne dispose pas des matières qui doivent s'y dissoudre. Les textes nomment en général l'une d'elles le dragon babylonien et l'autre l'Acier.
25. Les fugues que nous présentent Maier sont à trois voies : l'une est le Soufre, l'autre, le Corps et la troisième voie est le Mercure : c'est celle qui est simple et d'une seule valeur.
26. allusion au sanglier de Calydon, cf. Atalanta, XLI et XLVI. Atalante fut la première à porter un coup mortel au sanglier de Calydon. C’était une bête monstrueuse qui ravageait le territoire de Calydon. Il tuait le bétail et terrorisait les habitants du pays. Il fut tué par Méléagre.
27. cf. l'introduction à l'Atalanta fugiens.
28. C'est donc sur de la musique que Michel Maier prend congé de ses lecteurs. Beethoven a dit que la musique était plus haute que toute forme de philosophie ou de sagesse. Nous souscrivons tout à fait à cette formule, sans restriction aucune. Pour les lecteurs intéressés, nous avons développé à propos du chef d'orchestre Sergiu Celibidache nos idées touchant à la musique et à l'art de l'interprétation. D'ailleurs, d'autres sections sur la musique sont en cours de développement et nous espérons intégrer les fugues de la manière que Maier avait en vue lorsqu'il finit son introduction.
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